Signes et attitudes |  |
Introduction Le suicide a de tous les temps été une préoccupation majeure des sociétés humaines. Qu'on le considère comme un événement individuel ou comme un fait de société, il renvoie chacun d'entre-nous à lui-même et catalye une réflexion qui peut être d'ordre médical (le suicide comme événement psychopathologique), d'ordre social (comme indicateur d'une remise en question des valeus et de l'organisation d'une communauté), d'ordre philisophie ou religieux (a-t-on le droit de décider soi-même de la poursuite ou non de son existence ?) et enfin d'ordre économique. Les chiffres de santé publique signalent un maintien, voire une augmentation de la fréquence du suicide chez les adolescents. Ce constat pose de douloureuses questions qu'il est urgent d'aborder car il révèle a première vue une souffrance chez un groupe de la population qui est censé en représenter l'avenir. Chacun d'entre-nous ne peut qu'être interpellé par la lecture de chiffres inquiétants qui montrent que le suicide est aujourd'hui en Suisse la première cause de mortalité de l'adolescent et des jeunes adultes en Suisse. Le suicide représente aussi trois fois le taux de morts par accident de la route. Mais, au delà des chiffres, chaque situation est l'expression d'une souffrance ou d'un malaise existentiel qui interroge chacun. Les propos suicidaires, les tentatives de suicide comme le suicide abouti sont des actes graves qu'il ne faut pas minimiser. On peut dire que c'est un "meurtre de soi". Aussi, dès qu'un proche constate des indices laissant croire qu'une personne traverse une crise existentielle ou suicidaire, il est important d'agir rapidement. Bien qu'il n'existe aucune formule magique pour intervenir, on sait aujourd'hui à la fois fort mieux identifier les risques de passage à l'acte, en reconnaître quelques signes précurseurs et décrire quelques conseils primaires d'attitudes à adopter. 
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Quelques signes pour identifier le risque suicidaire, quelques moyens pour prévenir une crise ou agir lors de crise - Lorsqu'une personne laisse des messages verbaux directs ou indirects :
Je veux mourir - Je ne tiens plus à vivre - Il n'y a plus rien qui me retiens - Bientôt, vous allez avoir la paix - Je pars pour un long voyage - Ma vie n'a plus de sens - Je déçois tout le monde - Il n'y a plus d'espoir - Poème concernant la mort.
- Lorsqu'il y a des changements radicaux dans les attitudes et les comportements :
Isolement, retrait, abandon d'activités associatives ou sportives - dégradation des résultats scolaires ou, au contraire, surinvestissement accompagnés de stress, d'angoisse - prises de risques excessives - intérêt pour le suicide et les moyens de se suicider - consommation abusive d'alcool, de tabac, de drogues, de médicaments...
- Lorsqu'il y a isolement de la personne :
Solitude ou incapacité d'avoir des relations interpersonnelles et sentiment d'inutilité dans la vie.
- Lorsque les émotions sont perturbées :
Découragement - dévalorisation de soir - déintérêt - tristesse - colères inhabituelles - grand vulnérabilité.
- Lorsqu'il y a des préparatifs annoncés :
Adieu - testament - dons d'objets auxquels la personne tient - acquisition du moyen du suicide.
Ces indicateurs ne doivent pas être pris isolément. C'est l'addition de plusieurs d'entre eux qui doit alerter l'entourage.

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Que faire ?
- Ne jamais prendre à la légère toute manifestation de détresse ou de tentative.
- Parler ouvertement sans craindre d'utiliser le mot suicide, mais avec douceur; c'est parfois difficile, mais il est important de nommer la réalité.
- Parler avec la persone de son intention de mourir, lui demander quand, où et comment elle pense se suicider; plus le délai est proche, plus il est urgent d'intervenir.
- Si c'est un mineur, contacter les parents.
- Renoncer à vouloir interpréter les intentions et vouloir tout comprendre.
- Inviter l'autre à se confier et lui consacrer du temps.
- Faire avec elle un pacte de vie. Promesse de la personne de ne rien tenter (sur 1 ou 2 jours), le temps de desserrer l'angoisse et trouver une aide adéquate.
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Et surtout éviter ! - De juger ou de faire la morale. Il faut accueillir les émotions de la personne sans la contredire.
- De donner des recettes; il est nécessaire d'encourager la personne à briser l'isolement et d'aller voir avec elle ce qui lui ferait du bien, sans toutefois lui donner vos propres recettes de bonheur.
- Ne pas tout faire à sa place, sou prétexte de l'aider, sinon elle sera confirmée dans son idée qu'elle n'est plus capable d'agir.
- De donner de fausses espérances.
- De porte seul(e) la responsabilités de l'aide.
N'hésitez pas à vous appuyer sur une des ressources d'aide existante. Il est important de mentionner qu'intervenir auprès d'une personne suicidaire est particulièrement exigeant au plan émotif. Il se peut, pour quelque raison que ce soit, qu'une personne ne se sente pas capable en ce moment d'aider la personne suicidaire. Dans ce cas, le plus important est de ne pas rester seul pour apporter de l'aide. - Transmettre à la personne les coordonnées des ressources de sa région.
- Essayer de la convaincre d'en parler à quelqu'un d'autre, un ami, un proche, un parent, un professionnel...
- Si le projet est défini, prévenir un proche de la personne en question, ne pas laisser la personne seule, se relayer auprès d'elle, la déposséder - de force s'il le faut - de ses médicaments, arme, clefs de véhicules...
- Si le projet n'est pas défini, insister sur le non-choix qu'est le suicide, chercher avec la personne ce qui pourrait l'aider (personnes, activités, organisations...); insister sur le caractère irréversible de la mort.

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Complément d'information Sachez être à l'écoute ! Lorsque nous nous trouvons face à une personne qui a envie de se suicider ou qui se sent déprimée, notre première réaction est d'essayer de l'aider. Nous offrons des conseils, partageons notre propre expérience, essayons de trouver des solutions. En fait, nous ferions parfois mieux de nous taire et d'écouter. Les gens qui on envie de se suicider ne souhaitent pas de réponses toutes faites à leurs questions, ou de solutions. Ils cherchent un endroit sûr pour pouvoir parler de leurs peurs et de leurs anxiétés. Un endroit où ils peuvent être eux-mêmes. Etre à l'écoute - être réellement à l'écoute - n'est pas chose facile. Nous devons mettre un frein à notre désir de parler ; notre envie de faire des commentaires, d'ajouter notre propre point de vue ou d'offrir des conseils. Il nous faut non seulement écouter les faits qui nous sont relatés mais aussi les sentiments qui se cachent derrière eux. Nous devons essayer de comprendre le point de vue de celui qui parle et ne pas imposer le notre. Voici quelques points importants à garder à l'esprit si vous cherchez à aider une personne suicidaire. Que cherchent ceux qui ont envie de se suicider ? - Quelqu'un à qui parler
- Quelqu'un qui prendra le temps d'être réellement à leur écoute
- Quelqu'un qui ne les jugera pas et ne cherchera pas à leur donner un avis ou des conseils
- Quelqu'un qui sera prêt à leur consacrer toute son attention
- Quelqu'un en qui avoir confiance
- Quelqu'un qui les respectera et qui n'essayera pas de prendre les choses en main
- Quelqu'un qui saura garder un secret
- Quelqu'un qui se sentira concerné
- Quelqu'un qui sera disponible, qui les mettra en confiance et qui parlera calmement
- Quelqu'un qui saura les rassurer, croire en leur histoire et accepter leur point de vue
Que ne veulent pas ceux qui ont envie de se suicider ? - Etre seul
- Se sentir rejeté peut faire prendre au problème des dimensions dix fois plus énormes. Avoir quelqu'un vers qui se tourner fait toute la différence
- Les sermons n'aident pas. Suggérer à quelqu'un de "garder le moral" ou lui assurer avec désinvolture que "tout ira bien" n'aide pas non plus.
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